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ISO 27090 : ce que la norme change pour ISO 27001 quand l’IA est au cœur de votre métier

il y a 2 jours
10 min de lecture

ENFIN, ELLE EST LÀ !


Non, on ne parle pas de la transposition française de NIS2 (elle, on l’attend toujours… 🙃). On parle de l’ISO/IEC 27090, publiée le 14 octobre 2026, une norme qui vient enfin guider les entreprises sur un sujet que beaucoup oublie : la sécurité de leurs systèmes d’IA.

(Petit clin d’œil au passage : le 14 octobre, c’est décidément le jour préféré de l’ISO. L’an dernier, à la même date, c’était l’ISO 27701 qui prenait son indépendance.)


Bref revenons à nos moutons. Votre entreprise utilise l’IA, parfois au cœur même de son produit, et vous visez la certification ISO 27001 ? Bonne nouvelle : vous avez désormais un vrai guide pour protéger vos modèles !! (youpi) Moins bonne nouvelle : votre analyse des risques actuelle ne voit probablement pas les attaques qui les visent (pas youpi)


Rassurez-vous, avec ISO 27090 vous allez enfin avoir un cadre qui prend en compte les attaques lié à l'IA. On vous explique tout dans cet article.

Voici la table des matières :



L’ISO 27090, c’est quoi exactement ?

L’ISO/IEC 27090:2026 est une norme internationale publiée le 14 octobre 2026. Elle donne des lignes directrices pour repérer, détecter et réduire les menaces de sécurité propres aux systèmes d’intelligence artificielle, tout au long de leur vie : de leur conception à leur utilisation au quotidien.


Pour la situer, un petit tour dans la grande famille ISO 27000 :

  • l’ISO 27001, la grande sœur, celle qu’on certifie ;

  • l’ISO 27002, son guide pratique, avec les mesures de sécurité détaillées ;

  • l’ISO 27005, sa méthode pour analyser les risques ;

  • et l’ISO 27090, la petite dernière, spécialisée dans un seul sujet : protéger l’IA.

Qui est concerné ?

Toutes les organisations qui développent ou utilisent de l’IA, quelle que soit leur taille. Et attention, on ne parle pas uniquement de ChatGPT ou des chatbots : la norme couvre tous les systèmes d’IA. Un outil de détection de fraude, un moteur de recommandation, un logiciel qui analyse des images médicales… tout ça rentre dans le cadre.

Autrement dit : si vous utilisez Copilot au bureau, vous êtes concernés. Si l’IA est le cœur de votre produit, vous êtes très concernés.

Ce qu’elle ne fait pas (avant qu’on vous raconte n’importe quoi)

  • Elle ne se certifie pas. C’est un guide, au même titre que la 27002. Si quelqu’un vous propose un « certificat ISO 27090 », fuyez (poliment).

  • Elle ne vaut pas conformité à l’AI Act. Elle peut vous aider à vous y préparer côté sécurité, sans plus.

  • Elle se combine avec l’ISO 27001 et l’ISO 42001. Et c’est justement là que ça devient intéressant pour votre projet de certification (on y vient juste après).



Pourquoi l’ISO 27001 seule ne voit pas les risques de l’IA contrairement à l'ISO 27090 ?


Soyons justes avec la grande sœur : l’ISO 27001 n’a rien raté. Elle est volontairement générale, pour s’adapter à toutes les entreprises et à toutes les technologies. Elle vous demande d’analyser vos risques, sans vous dire lesquels.

Pour vous aider, l’ISO 27005 propose bien des exemples de menaces : incendie, panne, erreur humaine, logiciel malveillant… Très utile, mais pensé pour un système d’information « classique ». Rien sur les attaques propres à l’IA.

Résultat : si personne dans l’équipe ne connaît ces attaques propres à l'IA, elles n’apparaissent jamais dans l’analyse des risques. Et ce qu’on ne voit pas, on ne le protège pas. (Pour aller plus loin sur le sujet, on vous a écrit un guide critique de l’analyse des risques cyber.)


Avec l’IA, plusieurs réflexes de la sécurité « classique » ne suffisent plus :


1. De nouveaux actifs à protéger

Dans une analyse des risques ISO 27001, on liste ses actifs : serveurs, logiciels, bases de données, personnes. Avec l’IA, la liste s’allonge : les données d’entraînement, le modèle lui-même, ses consignes internes (le fameux « prompt système ») et ses réponses. Si ces éléments ne sont pas dans votre inventaire, ils ne sont nulle part dans votre analyse.


2. L’attaquant peut avoir un accès autorisé

La sécurité classique se pose surtout une question : qui a le droit d’accéder à quoi ? Avec l’IA, un utilisateur parfaitement autorisé peut attaquer. À force de questions qui ont l’air normales, il peut par exemple finir par recopier votre modèle. Pas besoin de forcer la porte du coffre quand on peut entrer par l’accueil ;)


3. Une donnée corrompue change le comportement du système

En sécurité classique, une donnée abîmée reste une donnée abîmée. Avec l’IA, elle change la façon dont le modèle raisonne et décide. C’est un élève qui apprendrait dans un manuel truqué : il récite faux, avec beaucoup d’assurance. Et le risque augmente quand les données collectées pendant l’utilisation servent ensuite à réentraîner le modèle.


4. Ce qui sort compte autant que ce qui entre

On a l’habitude de protéger ce qui entre dans le système et ce qui y est stocké. Avec l’IA, il faut aussi surveiller ce qui en sort : une réponse peut dévoiler des données sensibles, ou transmettre une attaque à un autre outil connecté.


5. Une protection qui s’use avec le temps

Un modèle évolue, ses usages aussi, et les protections qu’on lui a mises peuvent perdre en efficacité. Sécuriser une IA ne se fait pas une fois pour toutes au moment du lancement : il faut la surveiller dans la durée.


6. Des conséquences qui touchent des personnes

Quand une IA aide à décider (accorder un crédit, trier des candidatures, orienter un diagnostic), une attaque ne provoque pas seulement une fuite de données. Elle peut faire du tort à des personnes. Et ça, aucun auditeur ne le prendra à la légère.


C’est exactement cet angle mort que vient combler l’ISO 27090. Envie de voir à quoi ressemblent ces attaques en vrai ? Notre partenaire Vaadata, spécialiste des tests d’intrusion, présente quelques cas concrets d’attaques sur l’IA dans son webinaire, juste ici. Bon, poursuivons : voyons comment l’ISO 27090 s’intègre à votre démarche ISO 27001.

Intégrer l’ISO 27090 à votre démarche ISO 27001

Deux situations possibles : soit vous démarrez votre projet de certification ISO 27001, soit vous êtes déjà certifié et vous voulez intégrer l’IA à votre analyse des risques. Dans les deux cas, la 27090 suit la même logique. Seuls le point de départ et le calendrier changent.

Situation 1 : Vous démarrez votre démarche ISO 27001

Bonne nouvelle : c’est le moment idéal. Intégrer l’IA dès le départ est bien plus simple que de la rajouter après coup. La 27090 se glisse dans les étapes classiques de votre projet.

Étape 1 : faire l’inventaire de vos IA

Listez tous les systèmes d’IA de votre périmètre : ceux que vous développez, ceux que vous achetez (chatbot, Copilot, outils SaaS qui intègrent de l’IA)… et ceux que vos équipes utilisent sans que personne ne l’ait validé (les coquins). Ajoutez-les à votre inventaire d’actifs, avec les données d’entraînement si possible, et les modèles.

Étape 2 : enrichir votre analyse des risques

Utilisez la 27090 comme une liste de contrôle. Pour chaque système d’IA, passez en revue les menaces qu’elle décrit, par exemple :

  • l’empoisonnement des données : de fausses informations glissées dans l’entraînement, et le modèle apprend de travers ;

  • le vol de modèle : à force de questions anodines, un tiers recopie votre modèle ;

  • l’injection de prompt : des consignes cachées dans un email ou un document poussent l’IA à faire autre chose que prévu ;

  • les fuites dans les réponses : le modèle ressort des informations qu’il n’aurait jamais dû montrer.

Lesquelles sont réalistes chez vous ? Avec quel impact ? C’est souvent l’étape qui fait la plus grande différence.

Étape 3 : choisir vos mesures et compléter votre déclaration d’applicabilité

L’ISO 27001 vous autorise à choisir vos mesures de sécurité « dans n’importe quelle source », avant de les comparer à son Annexe A. Les mesures de la 27090 peuvent donc :

  • préciser des mesures existantes de l’Annexe A, par exemple la gestion des fournisseurs et des services cloud (5.19 à 5.23), le développement sécurisé et les tests (8.25 à 8.29), la journalisation et la surveillance (8.15 et 8.16) ou la prévention des fuites de données (8.12) ;

  • ou s’ajouter comme mesures supplémentaires, quand rien dans l’Annexe A ne couvre le risque : vérifier l’origine des données d’entraînement, limiter le nombre de requêtes sur un modèle, filtrer les réponses avant qu’elles ne sortent…


Étape 4 : tester et surveiller dans la durée

Faites tester vos systèmes d’IA comme le ferait un attaquant, gardez des traces de leur utilisation, et repérez les comportements bizarres (un utilisateur qui pose 10 000 questions en une nuit, par exemple). Puis revoyez régulièrement vos protections : on l’a vu, elles s’usent.


Étape 5 : embarquer les équipes

Une règle d’usage claire (quels outils d’IA sont autorisés, quelles données on n’y colle jamais) et une sensibilisation dédiée valent parfois mieux qu’une mesure technique compliquée.


Et le jour de l’audit ? L’auditeur certifie la 27001, pas la 27090. Mais s’il voit de l’IA dans votre périmètre et rien sur l’IA dans votre analyse des risques, il y a de bonnes chances qu’il pose des questions. Autant avoir les réponses.

Situation 2 : Vous êtes déjà certifié ISO 27001

Pas de panique, on ne recommence pas tout (on sait que vous avez déjà donné 😅).

L’ISO 27001 vous demande de mettre à jour votre analyse des risques dès qu’un changement important survient, et l’arrivée de l’IA dans vos outils ou votre produit en fait clairement partie. Il suffit de reprendre les étapes 1 à 3, en vous concentrant sur l’IA : repérer vos systèmes d’IA, ajouter les menaces de la 27090 à votre analyse, ajuster votre déclaration d’applicabilité.

Le bon moment ? Avant votre prochain audit de surveillance, pour arriver avec une analyse à jour.


Chez Akant, nous pouvons vous accompagner sur cette mise à jour. On en parle ?



Vous utilisez l’IA ou vous la développez ? Ce qui change pour vous

Tout le monde n’est pas exposé de la même façon. Une PME qui utilise Copilot pour ses comptes rendus et une start-up qui entraîne ses propres modèles n’ont pas les mêmes risques (ni les mêmes nuits blanches). La 27090 s’adapte à votre situation : voici où placer vos priorités selon votre profil.

Cas 1 : Vous utilisez des outils d’IA

C’est le cas de la plupart des entreprises : Copilot, ChatGPT, un chatbot acheté sur étagère, un CRM qui intègre de l’IA. Ici, la 27090 s’utilise de façon assez légère. Vos priorités :

  • vos fournisseurs : où partent vos données ? Servent-elles à entraîner leurs modèles ? Que disent les contrats ?

  • les fuites dans les réponses et l’injection de prompt, surtout si l’outil lit vos emails ou vos documents ;

  • les règles d’usage pour vos équipes.


Cas 2 : L’IA est au cœur de votre produit

Vous développez, entraînez ou adaptez vos propres modèles ? Là, la 27090 devient un vrai outil de travail. Vos priorités :

  • la qualité et l’origine des données d’entraînement ;

  • la sécurité de vos environnements de développement, séparés de la production ;

  • l’origine des modèles que vous réutilisez (un modèle téléchargé, c’est un fournisseur comme un autre) ;

  • les tests d’attaque avant chaque mise en production ;

  • la surveillance du modèle une fois en ligne.

Et il y a un bonus commercial : vos clients B2B posent de plus en plus de questions sur la sécurité de votre IA dans leurs questionnaires fournisseurs. Avoir intégré la 27090 à votre démarche ISO 27001, c’est avoir des réponses solides à leur donner.



ISO 27001, ISO 42001, ISO 27090 : laquelle viser ?

C’est LA question qu’on nous pose. Petit récapitulatif :

Norme

Son rôle

Certifiable ?

ISO 27001

Organiser et piloter la sécurité de l’information

Oui

ISO 42001

Organiser la gestion de l’IA : qui décide, qui contrôle, quels risques on accepte (y compris l’éthique, la transparence, l’impact sur les personnes)

Oui

ISO 27090

Protéger concrètement les systèmes d’IA contre les attaques

Non, c’est un guide

Si on reprend l’image du corps humain qu’on aime bien chez Akant : la 27001 est le squelette, la 42001 le cerveau qui décide comment utiliser l’IA, et la 27090 le système immunitaire qui la protège des attaques.

Concrètement :

  • Vous utilisez l’IA comme un outil : visez l’ISO 27001, et servez-vous de la 27090 pour enrichir votre analyse des risques.

  • L’IA est votre métier, et vos clients attendent des garanties sur la façon dont vous la gérez : la combinaison ISO 27001 + ISO 42001 devient très pertinente. Les deux normes ont la même structure, ce qui permet de construire un seul système commun. Et la 27090 sert alors aux deux analyses des risques à la fois.

Petit rappel au passage : aucune de ces normes, à elle seule, ne vaut conformité à l’AI Act. Elles vous aident à vous y préparer, nettement.



Comment Akant vous accompagne

Depuis 2016, nous accompagnons les entreprises vers la certification ISO 27001. Pour les entreprises qui utilisent ou développent de l’IA, nous intégrons désormais les menaces de l’ISO 27090 directement dans l’analyse des risques de votre projet ISO 27001. Et si vous visez aussi l’ISO 42001, nous construisons avec vous un système unique, pour éviter de faire deux fois le même travail.

Notre conviction : l’IA ne doit pas être le trou dans la raquette de votre certification. Elle peut même devenir un argument de confiance auprès de vos clients. (Oui, on sait, on est un peu enthousiastes. Mais avouez qu’une norme qui protège l’IA, ça change des mises à jour de mots de passe.) 💁‍♀️

Votre projet ISO 27001 inclut de l’IA ? Parlons-en !


Votre IA, heureuse d’avoir enfin sa place dans votre analyse des risques

La petite FAQ ISO 27090 qui résume tout

L’ISO 27090 est-elle certifiable ? Non. C’est une norme de lignes directrices (comme l’ISO 27002) : elle donne des conseils et des bonnes pratiques, sans exigences à auditer. Il n’existe donc pas de « certification ISO 27090 ».

L’ISO 27090 est-elle obligatoire pour obtenir l’ISO 27001 ? Non. L’auditeur certifie uniquement l’ISO 27001. Mais si vos systèmes d’IA font partie du périmètre, votre analyse des risques doit les prendre en compte, et la 27090 est l’outil idéal pour le faire.

L’ISO 27090 vaut-elle conformité à l’AI Act ? Non. Elle peut vous aider à préparer la partie sécurité de l’AI Act, mais elle ne constitue pas une preuve de conformité.

Quelle différence entre l’ISO 27090 et l’ISO 42001 ? L’ISO 42001 organise la gestion de l’IA dans l’entreprise (gouvernance, responsabilités, éthique, impact) et se certifie. L’ISO 27090 se concentre sur la protection technique des systèmes d’IA contre les attaques. Les deux se complètent.

Mon entreprise utilise seulement ChatGPT ou Copilot. Suis-je concernée ? Oui. La norme vise toutes les organisations qui développent ou utilisent l’IA. Pour vous, l’enjeu porte surtout sur les fournisseurs, les fuites de données et l’injection de prompt.

Peut-on préparer l’ISO 27001 et l’ISO 42001 en même temps ? Oui. Les deux normes partagent la même structure, ce qui permet de construire un système de management commun et de mutualiser une grande partie du travail.

Où se procurer l’ISO 27090 ? Comme toutes les normes ISO, elle est payante et disponible à l’achat sur le site de l’ISO.


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